Centenaire François Morellet
À savoir
En 2026, François Morellet aurait eu 100 ans.
Et pour célébrer cet anniversaire, le Centre Pompidou a embarqué avec lui de nombreuses institutions partout en France pour rendre hommage à l’un des grands noms de l’art contemporain.
Pourquoi Morellet ?
Parce qu’il a sacrément bousculé les lignes !
Avec ses formes géométriques, ses néons, ses installations et surtout son humour, il a joué avec l’art, l’architecture et l’espace public comme personne. Résultat : plus d’une centaine de ses œuvres sont encore visibles dans les villes françaises et à l'étranger, sur des façades, dans des jardins, des gares ou au détour d’une place.
Forcément, à Cholet, on ne pouvait pas passer à côté !
Ville natale de l’artiste, Cholet lui consacre plusieurs rendez-vous. De quoi regarder la ville, et peut-être même l’art contemporain, d’un œil un peu différent.
Présentation
Mise à jour 17/09/2026
Exposition : "François Morellet dans la ville"
Du 19 septembre au 1er novembre 2026
Si François Morellet est avant tout reconnu pour ses expérimentations radicales autour de la géométrie, des systèmes et de l’abstraction, son intervention dans l’espace public constitue un volet majeur de son œuvre. À partir des années 1970, l’artiste étend ses recherches au-delà du cadre du tableau pour les confronter directement à l’architecture, au paysage et à l’environnement urbain. Jusqu'à sa disparition, il réalise près de 140 œuvres intégrées à des bâtiments ou implantées dans l’espace public, dont 63 à l’étranger. Ces réalisations, qu’il qualifiait avec humour de « désintégrations », témoignent de sa volonté d’inscrire son langage plastique dans le réel et de dialoguer avec les lieux qui les accueillent.Le plan du parcours est disponible à l'accueil des Musées d'Art et d'Histoire, à l'Office de Tourisme et téléchargeable ci-dessous.
Plan à télécharger ici
François Morellet vous accueille
Etape 1 - Les Musées d'Art et d'Histoire de Cholet"Intersection d’un plan oblique avec 8 colonnes et un mur"
La présence de François Morellet aux Musées d’Art et d’Histoire de Cholet revêt une portée particulière. Né à Cholet en 1926, l’artiste a conservé tout au long de sa carrière un lien privilégié avec son territoire d’origine. Le musée conserve aujourd’hui un ensemble d’œuvres qui permet d’appréhender l’évolution de son travail et sa contribution majeure à l’histoire de l’abstraction géométrique.
L'une d'entre elles, située à l’entrée du musée, accueille le visiteur dès son arrivée. Fidèle à sa conception de l’intégration architecturale, Morellet ne considère pas l’œuvre comme un élément ajouté au bâtiment, mais comme une composante à part entière de l’espace. La géométrie dialogue ici avec l’architecture, la lumière et les déplacements du public. Elle invite le spectateur à imaginer un plan incliné, matérialisé par des bandes noires et blanches réparties sur les 8 poteaux du hall d'entrée.
Fondée sur des formes simples et des règles rigoureuses, l’intégration met en jeu les notions de rythme, de répétition, de décalage et de perception qui sont au cœur de la démarche de l’artiste. Elle invite le visiteur à porter un regard renouvelé sur son environnement et constitue une introduction aux principes qui traversent l’ensemble de son travail.
Véritable seuil entre la ville et le musée, cette installation interroge le visiteur sur son rapport à l’espace, au mouvement et au regard. Elle témoigne également de la place singulière qu’occupe François Morellet dans l’identité culturelle de Cholet.
François Morellet en Pays de la Loire : un laboratoire grandeur nature
Etape 2 - Hôtel de Ville et d’AgglomérationNé à Cholet en 1926, François Morellet a toujours entretenu un lien étroit avec les Pays de la Loire. Bien que son œuvre ait acquis une dimension internationale, la région constitue un territoire majeur de son activité dans l’espace public. De Cholet à Nantes, d’Angers à Fontevraud, il y réalise pendant près de quarante ans des interventions qui révèlent sa manière singulière de dialoguer avec l’architecture, le paysage urbain et le patrimoine.
Dès les années 1970, l’artiste transpose dans le cadre de programmes liés à l'architecture scolaire ses recherches fondées sur la géométrie et les systèmes. À Orvault, avec Tous les 1, tous les 2, tous les 3…, tous les 9 (1974), puis à Cholet, à l'école Chambord, avec Indication sur le sol (et éventuellement sur les murs) d’un réseau de lignes parallèles aux murs pivotés à 7° (1980), il démontre comment une règle simple peut transformer la perception d’un lieu.
Dans les années 1980, ses interventions accompagnent de grandes institutions régionales, notamment à Nantes avec Portail 0°-90°, portail 8°-98° pour l’Hôtel de Région et L’Angle Drac à la Direction régionale des affaires culturelles. En jouant de lignes, d'angles et de légers décalages, Morellet introduit une instabilité visuelle qui renouvelle le regard porté sur l’architecture.
Les réalisations des années 2000 prolongent cette réflexion : Égarement à la gare de Chinon (2005), "π piquant de façade, 1 = 12°" au musée des Beaux-Arts d’Angers (2006) ou De temps en temps à Nantes (2007-2010) associent géométrie, lumière et mouvement du visiteur. Son ultime intervention ligérienne, Un clin d’œil à Saint-Benoît (2013) à l’abbaye de Fontevraud, témoigne de sa capacité à inscrire un langage contemporain au cœur d’un site historique.
À travers ces œuvres, les Pays de la Loire apparaissent comme un véritable laboratoire de sa création. Loin d’imposer ses formes aux lieux, Morellet révèle leurs rythmes, leurs proportions et leurs singularités, invitant chacun à porter un regard renouvelé sur son environnement.
Autres œuvres présentées sur le cube :
- Tous les 1, tous les 2, tous les 3…, tous les 9, Orvault, Loire-Atlantique, Gymnase du Groupe scolaire Ferrière, 1974, œuvre détruite
- Indication sur le sol (et éventuellement sur les murs) d’un réseau de lignes parallèles aux murs pivotés à 7°, Cholet, Maine-et-Loire, Groupe scolaire Chambord, 1980
- Portail 0° - 90°, portail 8° - 98°, Nantes, Loire-Atlantique, Hôtel de Région des Pays de la Loire, 1985-1987
- L’angle Drac, Nantes, Loire-Atlantique, Direction Régionale des Affaires Culturelles des Pays-de-la-Loire, 1987
- Égarement, Chinon, Indre-et-Loire, Gare, 2005
- De temps en temps, Nantes, Loire-Atlantique, Immeuble des mutuelles Harmonie Atlantique, 2007-2010
- Un clin d’œil à Saint-Benoît, Fontevraud, Maine-et-Loire, Abbaye de Fontevraud, Chapelle Saint-Benoît, 2013
François Morellet à l'international : la géométrie comme langage universel
Etape 3 - Place TravotÀ partir des années 1970, François Morellet acquiert une reconnaissance internationale qui l’amène à réaliser de nombreuses commandes publiques en Europe, aux États-Unis et au Japon. Intégrées à des universités, musées, espaces urbains, sièges d’entreprises ou infrastructures de transport, ces œuvres prolongent ses recherches sur la géométrie, les systèmes et la perception.
Des premières réalisations monumentales, comme "Superpositions de tirets 45°-60°-105°-120°-135°" à Hambourg (1975-1977) ou 4 trames 50°-70°-140°-160° en dessin et en relief à Karlsruhe (1980-1982), aux interventions plus ambitieuses telles que Sens dessus dessous à New York (1986) ou 35 Jumping Arcs of the Rising Circle à Tokyo (1998), Morellet transpose son vocabulaire abstrait à l’échelle de l’architecture et de la ville.
Dans les années 1990, il développe des œuvres étroitement liées à leur environnement bâti, comme 3 murs, 2 angles, 1 ligne à Oldenburg ou Courbe fragmentée à Emmen. Parallèlement, ses interventions lumineuses, Répartition aléatoire de quarts de cercles de néon avec 4 rythmes d'allumage pour le Groninger Museum (1993-1994) ou Light Blue à la Potsdamer Platz de Berlin (1997-1998), explorent les effets du néon.
Qu’il intervienne sur une place, dans une station de métro à Rome ou sur un bâtiment historique, comme avec Azzurro pallido Palladio dans la Villa Pisani en Italie (2007-2008), Morellet adapte son langage géométrique à chaque contexte. Fondées sur des règles simples mais ouvertes à l’expérience du regardeur, ses réalisations révèlent la capacité de la géométrie à transformer notre perception des lieux. Cette alliance entre universalité des formes et singularité des sites fait de François Morellet l’une des figures majeures du dialogue entre art contemporain, architecture et espace public.
Autres œuvres présentées :
- Sens dessus dessous, New York, Etats-Unis, 22 Reade Street (Broadway), 1986
- 3 demi-cercles autour d'un cercle, Stuttgart, Allemagne, Das Naturkundermuseum Schloss Rosenstein, 1992-1993
- Répartition aléatoire de quarts de cercles de néon avec 4 rythmes d'allumage, Groningen, Pays-Bas, Groninger Museum, 1993-1994
- 3 murs, 2 angles, 1 ligne, Oldenburg, Allemagne, Stadtmuseum, 1994-1995
- Interférences, Rome, Italie, Station de métro Re di Roma, 1997
- Light Blue, Berlin, Allemagne, Atrium DaimlerChrysler Services, Postdamer Platz, 1997-1998
- Courbe fragmentée, Emmen, Pays-Bas, De Zuidermarke, 1996-1998
- 35 Jumping Arcs of the Rising Circle, Tokyo, Japon, Obayashi Corporation, 1998
- + ou -, Maspernturm, Paderborn, Allemagne, 2003
- Azzurro pallido Palladio, Bagnolo di Lonigo, Italie, Villa Pisani, 2007-2008
- 4 trames 50° - 70° - 140° - 160° en dessin et en relief, Karlsruhe, Allemagne, Landeskreditbank, 1980-1982
François Morellet en France : la géométrie à l'échelle du territoire
Etape 4 - Place Rougé
La France constitue le principal terrain d’expérimentation de l’œuvre publique de François Morellet. De 1971 à la fin de sa carrière, l’artiste y réalise de nombreuses interventions qui accompagnent les transformations urbaines, architecturales et culturelles du pays. Intégrées à des espaces publics, des équipements culturels, des infrastructures de transport ou des sites patrimoniaux, ces œuvres ont en commun de faire de la géométrie un outil de perception et de découverte de l’espace.
Des premières réalisations comme 2 doubles trames +3° -3° rouge sur bleu à Paris sur le Plateau La Reynie (1971) ou Prolongation d’une trame de parallèles orthogonales à l'Espace Jean Legendre de Compiègne (1978-1979), aux œuvres monumentales des années 1980 et 1990 telles que M installée sur un rond-point à Montpellier, La Ligne et le Point du Jour à Rennes, La Défonce à La Défense ou Naufrage de la géométrie à Toulouse, Morellet explore les effets de la ligne, de l’angle et de la perturbation des systèmes géométriques.
À partir des années 2000, son travail dialogue de plus en plus étroitement avec l’histoire des lieux et le patrimoine. Hommage à Lamour à Nancy ou "L’Esprit d’escalier" au musée du Louvre témoignent de sa capacité à révéler les caractéristiques d’un lieu par une intervention à la fois discrète et profondément transformatrice.
Par ces réalisations, François Morellet renouvelle la place de l’art abstrait dans l’espace public. Fondées sur des règles simples mais ouvertes au jeu, à l’humour et à l’expérience du regardeur, ses œuvres transforment l’espace quotidien en un véritable laboratoire perceptif.
Autres œuvres présentées :
- 2 doubles trames +3° -3° rouge sur bleu, Paris, Plateau La Reynie, 1971
- Prolongation d’une trame de parallèles orthogonales (indiquée sur le sol) sur des murs formant (avec ces parallèles) des angles de 22°5 et 112°5, Compiègne, Oise, Espace Jean Legendre, 1978-1979
- M, Montpellier, Hérault, Rond-point Flandres-Dunkerque, 1985-1986
- Blériot en dentelle, Calais, Pas-de-Calais, Quartier du Fort Nieulay, 1987-1990
- La ligne et le point du jour, Rennes, Ille-et-Vilaine, Carrefour Clémenceau-Alma, 1989
- La défonce, Paris, Esplanade de la Défense, 1989-1990
- Naufrage de la géométrie, Toulouse, Haute-Garonne, Métro Saint-Cyprien, 1991-1993
- Le Delta du Doubs, Besançon, Doubs, Tunnel de la citadelle, 1996-1999
- Hommage à Lamour, Nancy, Meurthe-et-Moselle, Musée des Beaux-Arts, 2001-2003
- A contre-courant, Lyon, Rhône, Cité internationale de Lyon, 2003-2006
- Les Grandes Ondes, Paris, Le Louvre des Antiquaires, 2013
Etape 5 - Les Arcades Rougé
"10 lignes au hasard suivant les lettres Cholet l'entreprenante"
Parmi les dernières intégrations architecturales réalisées par François Morellet, l'œuvre installée aux Arcades Rougé à Cholet occupe une place singulière. Inaugurée en 2014, elle dépasse la simple commande publique pour prendre une dimension personnelle et symbolique : elle est implantée à quelques mètres seulement du lieu de naissance de l'artiste, rue de la Sardinerie. Lors de son inauguration, Morellet évoquait lui-même ce retour aux sources, qualifiant l'œuvre de « petit cadeau » offert à sa ville natale.
Cette intervention s'inscrit pleinement dans la logique des intégrations architecturales qui jalonnent toute sa carrière. Plutôt que d'ajouter une sculpture autonome dans l'espace urbain, Morellet investit ici directement l'architecture. De larges bandes rouges se déploient sur le bardage d'un immeuble des Arcades Rougé, transformant la façade en support d'une composition géométrique monumentale. La couleur rouge n'est pas anodine : elle constitue une référence explicite à l'identité choletaise, souvent associée au célèbre mouchoir rouge de Cholet.
Comme dans nombre de ses réalisations publiques, l'œuvre repose sur une intervention minimale mais fortement perceptible. Quelques lignes suffisent à perturber la régularité du bâti, à créer des tensions visuelles et à introduire un mouvement inattendu dans une architecture contemporaine. Le regard du passant est ainsi amené à circuler le long de la façade, à suivre les trajectoires imposées par les bandes colorées et à redécouvrir un environnement quotidien sous un angle nouveau.
François Morellet : la géométrie à l'épreuve du paysage
Etape 6 - Jardin du MailLe jardin constitue pour François Morellet un terrain d'expérimentation privilégié, où la rigueur de la géométrie se confronte à l'irrégularité du vivant. Dès les années 1970, avec des œuvres telles que "Sphère-trames" à l’Université de Bielefeld (1973-1974) ou Calotte d'une sphère-trames au Domaine Universitaire de Saint-Martin-d'Hères (1974-1975), il inscrit dans l'espace des formes géométriques ouvertes dont la perception évolue au gré des déplacements du visiteur.
À partir des années 1980, l'artiste engage un dialogue plus direct avec le paysage. Dans les Geometreedimensions, réalisées notamment à Otterlo (Kröller-Müller Museum, 1987, œuvre disparue) et à Clisson (Domaine de la Garenne Lemot, 1989, œuvre disparue), l’œuvre intègre l'arbre lui-même. Le titre même de la série, fusion des mots « géométrie » et « tree », traduit cette rencontre entre ordre mathématique et développement organique.
Cette recherche se poursuit dans des œuvres comme Carré sur un trapèze à l'Abbaye de Bouchemaine (1987-1988), Le Fantôme de Malévitch au Domaine de Kerguéhennec (1987-1990) ou encore Arcs de cercle complémentaires dans le Jardin des Tuileries à Paris (1999-2000). Les formes abstraites se trouvent continuellement transformées par la topographie, la végétation, la lumière et les perspectives du jardin.
Loin d'imposer une géométrie au paysage, Morellet construit des situations de dialogue entre l'œuvre et son environnement. Le jardin devient ainsi un laboratoire perceptif où l'ordre et le désordre, le calcul et le hasard, la permanence de la forme et l'évolution du vivant coexistent dans un équilibre toujours renouvelé.
Autres œuvres présentées :
- Calotte d’une sphère-trames, Grenoble, Isère, Domaine Universitaire de Saint-Martin-d’Hères, 1974-1975
- Geometreedimensions n°1, Otterlo, Pays-Bas, Kröller-Müller Museum, 1987, oeuvre disparue
- Carré sur un trapèze, Bouchemaine, Maine-et-Loire, Abbaye de Bouchemaine, 1987-1988
- Le fantôme de Malévitch, Bignan, Morbihan, Domaine de Kerguéhennec, 1987-1990
- Geometreedimensions n°2, Clisson, Maine-et-Loire, Domaine départemental de la Garenne Lemot, 1989
- Arcs de cercle complémentaires, Paris, Jardin des Tuileries, 1999-2000
- Concrete erection (la plate-bande n°2), Bochum, Allemagne, Park von Haus Weitmar, 2009-2010
Et bien d'autres RDV autour de François Morellet
Musée d'Art de CholetExposition : Morellet 100% néons - du 19 septembre 2026 au 28 février 2027
Solo dansé : Abstraction Géométrique n°2 - Samedi 17 octobre 2026
Ateliers Famille : lightpainting - Mardi 20 octobre 2026 et Mardi 23 février 2027
Conférence de Diane - Le jeu des possibles : hasard, règles et algorithmes - Samedi 24 octobre 2026
Conférence de Diane - Maîtriser la lumière : de François Morellet à James Turrell - Samedi 28 novembre 2026
Conférence de Diane - Espace, ligne, plan : l'abstraction dans l'espace public - Samedi 9 janvier 2027
Parcours dansé - Samedi 13 et dimanche 14 février 2027
Auditorium Jean-Sébastien Bach de Cholet
Conférence de Michel Gauthier - Samedi 15 octobre 2026
Jeux : Géocaching et Adventure Lab
Morellet n’a pas fini de vous surprendre !À l’occasion de son centenaire, partez à la découverte de l’artiste à travers une nouvelle cache géocaching et une série d’Adventure Labs. 5 questions, 5 étapes, un parcours dans la ville pour tester vos connaissances et découvrir l’univers de François Morellet.
À vous de jouer !
Accessibles à partir du samedi 19 septembre 2026
Comment jouer ?









